• Atelier 134 Ghislaine-Dernier jour

    Sujet 1 : la liste : Pour, avec, mon, dans, car, œil, voir, ma.

    Sujet 2 : "Texte avec 5 mots commençant par J"
    Mots utilisés : jambes, jupons, jupes, jarretières, jour, jouissance

     

    Atelier 134 Ghislaine-Le dernier jour

     

    Henri maudit les mouches mais il n'a même plus la force de lever la main pour les chasser.
    A peine a-t-il la force de cligner des yeux et quand il réussi à accommoder, il voit du coin de l'œil Adèle qui prie pour son âme perdue. "Tu l'as eu ton prêtre ma chère mère" songe-t-il, car parler lui est trop pénible.

    Atelier 134 Ghislaine-Le dernier jourHenri referme les yeux, paupières lourdes comme le rideau d'un théâtre derrière lequel il revoit les jambes battant l'air tels des fléaux défiant la morale.
    Quel extase quand dans cette virevoltante impudeur se lèvent jupes et jupons froufroutants qu'il épinglait de la pointe du fusain ! Les folles pirouettes rendent fous les bourgeois venus s'encanailler quand, sur les cuisses tentatrices, se dévoilent les jarretières enrubannées, ultimes frontières avant le temple des plaisirs. Il revoit ces tartuffes apoplectiques, aux limites de la jouissance quand les lèvres fantasmées s'écrasent au sol dans un brutal baiser à la fin du Grand Galop qui les laissent haletants.

    Sa mère s'approche pour caresser son front, il trouve la force de murmurer : "C'est bougrement dur de mourir.".
    Henri sait qu'il vit son dernier jour.
    Les mouches semblent être venues en nombre pour l'accompagner, psychopompes bourdonnant autour de lui avec fébrilité.
    Le comte Alphonse de Toulouse Lautrec, est écrasé par son impuissance face à la douleur de ce fils fantasque. Il s'assoit près de lui et en un geste ultime et dérisoire, il ôte un élastique de ses bottines puis, en bon chasseur, il tente de mettre à mort les mouches qui harcèlent son enfant.
    Henri ouvre les yeux en entendant les claquements de l'élastique et pense, atterré "Dire que c'est mon père!". Il rassemble ses forces, insuffisantes pour rire, mais murmure au fidèle cousin Tapié : "Le vieux con !".
    Il ne dira plus rien.

    La nuit est tombée sur le château de Malromé quand enfin l'orage éclate. Il est deux heures quinze et Henri de Toulouse Lautrec vient de rejoindre son ami Vincent.

     

    « On est dans l'pâté !Récolte 21/09/20 chez Emilie »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 23 Septembre à 06:59

    c'est comme si tu étais là .. à l'ultime moment !!!!!! Jeune il est parti mais riche a été sa vie ! riche d'expériences, de rencontres et de talent. Bien qu'affublé d'une maladie sans doute due à un problème de consanguinité, il avait ce sens artistique artistique hors du commun qui l'a fait passer à la postérité ! Bravo !

    bisous et à bientôt

    2
    Mercredi 23 Septembre à 08:04

    Tu as bien romancé au travers ce défi très réussi, la fin d'Henri de Toulouse qui décéda à Albi en 1901.

    Bises et bon mercredi

    3
    Mercredi 23 Septembre à 10:32

    Quel bel hommage à ce grand peintre, si riche de tout mais pas longtemps hélas !

    Heureuse que les mots donnent cela Bravo Pixellie !

     

    4
    Mercredi 23 Septembre à 14:03
    Renée

    Je m'incline bien bas, c'est vraiment un excellent texte mélangeant histoire passée et mots imposé tout comme ce j demandé. BRAVO.....Amitié

    5
    Mercredi 23 Septembre à 19:27
    Je me souviens de la visite du musée Toulouse Lautrec à Albi, des peintures joyeuses et colorées comme sa vie malgré son handicap.
    Encore un très beau texte.
    Bonne soirée.
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