• Atelier #1 : La muselière

    Établi 1 : Homophones : Chaud - chaut (du verbe chaloir) - Chow-chow - show - chaux

    Établi 2 : Écrire un texte sur le thème "Canicule"

     

    La muselière

    Je déteste les jeudis après-midi !
    Deux fois par mois notre salon est envahi par des rombières qui s'extasient sur des produits d'entretien, comme si toute leur existence tenait dans leur chiffon à poussière ! Le pire est de voir Henriette papillonner et faire son show, en agitant sa permanente rigide telle une gorgone qui aurait sniffé ses désodorisants.
    On ne m'exclut pas vraiment mais je sais que je ne suis pas le bienvenu. Idem pour ce brave César, notre chow-chow adoré qui se voit interdit de tapis. Il vient me rejoindre dans la chambre tandis que je regarde un DVD de Raymond Devos, "Mon chien c'est quelqu'un". Il dresse l'oreille, intéressé, et me rejoint sur le lit. Le spectacle terminé, il descend du lit et fait des allers-retours fébriles entre le chambre et l'entrée.
    - Oh non César ! Il fait trop chaud !
    - De quoi te plains-tu, "Glabriel" ! Si tu étais un chow-chow, là tu pourrais pleurer !
    Je vais vous faire une confidence: quand César et moi baguenaudons tous les deux, ou quand nous sommes seuls, nous dialoguons ou du moins j'aime à le croire.
    Nous voici déambulant dans les rues désertes car les personnes sensées restent tranquillement au frais derrière leurs murs blanchis à la chaux. Désertes ? Non. Pas tout à fait.
    Ils sont deux, tout de bleu vêtus et je peste intérieurement : mon masque est dans ma poche ! César se marre déjà et chantonne mezza voce "C'était le temps des prunes ♫♪ Il n'a pas mis son masque ♪..." sur l'air du "Temps des fleurs". Faux-frère ! Quand les policiers nous rejoignent et se figent devant lui, ses babines retombent : il ne sourit plus.

    Le plus grand se penche vers lui :
    - Bonjour ! Je constate que vous contrevenez au décret préfectoral rendant obligatoire le port du masque sur la voix publique. Je suis au regret de vous infliger une amende de cent-trente-cinq euros.
    - Mais enfin ! c'est idiot ! Je suis un chien !
    - Peut me chaut que vous soyez un chien ou le cousin de Alf ! La loi est la loi et la loi, c'est moi ! Et estimez-vous heureux que je ne vous sanctionne pas pour outrage !
    Je vole au secours du malheureux César.
    - Mais enfin, monsieur l'agent, je suis son maître et je vous garantis que le décret ne concerne pas mon chien !
    Le flic me fixe, devient tout rouge, se baisse à hauteur du museau de César et éructe :
    - Et en plus, défaut de muselière ! Et paf ! Cent-cinquante euros ! Bien fait !
    Il tend les deux PV à César qui les prend dans sa gueule, fait demi-tour et rejoint son équipier en faisant des claquettes.

    Depuis, mon chien et moi sommes en froid...

     

    Atelier #1 : La muselière

     

     

     

    « Quand passent les HirondellesAtelier #2 : par définition[s] »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 18 Septembre à 07:53

    C'est excellent bravo ma belle.

    Bises et bon vendredi

    2
    Vendredi 18 Septembre à 08:01

    Les amendes pleuvent pour des riens, c'est bien que tu aies traité ce sujet avec l'humour !!

    J'attends le prochain atelier pour voir ce que tu nous a concocté !!

    Je t'embrasse !

     

     

    3
    Vendredi 18 Septembre à 09:59

    Bonjour

    il vaut mieux en rire que d'en pleurer de ces masques obligatoires dehors

    une situation française de fous, d'idiots et d'amateurs incapables de nous gouverner comme il le faut

    ah les amendes ça il ne connait le guignol premier

     

    bon et beau weekend

    et du soleil encore et encore mais pas trop chaud,

    on est en automne LOL

    4
    Samedi 26 Septembre à 06:47

    ton chien c'est quelqu'un !!!!!!!!!! du caractère !!!

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :